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L'agrile du frêne à Montréal : identifier, traiter et savoir quand abattre

Tout savoir sur la crise de l'agrile du frêne à Montréal. Comment identifier une infestation, les options de traitement disponibles et quand l'abattage devient nécessaire.

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Depuis sa détection sur le territoire montréalais en 2011, l’agrile du frêne a transformé le paysage arboricole de la ville. Cet insecte envahissant originaire d’Asie a décimé des dizaines de milliers de frênes à Montréal, forçant les propriétaires et la Ville à prendre des décisions difficiles. Voici ce que vous devez savoir pour protéger vos frênes — ou savoir quand les laisser partir.

Un ravageur redoutable

L’agrile du frêne (Agrilus planipennis) est un coléoptère vert émeraude de moins de 15 mm qui s’attaque exclusivement aux frênes. La femelle pond ses oeufs dans les crevasses de l’écorce. Les larves creusent ensuite des galeries sinueuses sous l’écorce, interrompant la circulation de la sève et privant l’arbre de nutriments. Un frêne non traité meurt généralement dans les trois à cinq ans suivant le début de l’infestation.

À Montréal, les frênes représentaient environ 20 % du couvert forestier avant l’arrivée de l’agrile. La perte de ces arbres a des conséquences directes : augmentation des îlots de chaleur, perte de biodiversité et diminution de la valeur des propriétés.

Comment identifier une infestation

Les premiers signes apparaissent souvent dans la partie supérieure de la couronne, ce qui les rend difficiles à détecter depuis le sol. Voici les indices à surveiller :

Le dépérissement de la cime est habituellement le premier signe visible. Les branches du sommet perdent leurs feuilles, et la couronne devient de plus en plus clairsemée au fil des saisons. Ce recul progresse vers le bas de l’arbre au fur et à mesure que l’infestation avance.

Les trous de sortie en forme de D dans l’écorce sont un signe caractéristique. Ces petites ouvertures d’environ 4 mm, laissées par les adultes qui émergent du tronc en juin et juillet, ont une forme de D distincte qui les différencie des trous ronds causés par d’autres insectes.

Les rejets (gourmands) qui poussent le long du tronc et des branches principales sont une réaction de survie de l’arbre. Face à la perte de sa couronne, le frêne tente de produire du nouveau feuillage plus bas sur le tronc.

Les galeries sinueuses sous l’écorce sont la preuve définitive. Si vous retirez un morceau d’écorce décollée, vous verrez des galeries en forme de S remplies de sciure fine, creusées par les larves.

Options de traitement

Si votre frêne présente moins de 30 % de dépérissement, un traitement peut encore le sauver. Le TreeAzin est le biopesticide le plus utilisé au Canada contre l’agrile. Injecté directement dans le tronc par un arboriculteur certifié, il protège l’arbre pendant environ deux ans. Le traitement doit être répété tous les deux ans tant que la menace persiste.

Le coût du traitement varie entre 200 $ et 600 $ par injection, selon la taille du frêne. Sur une période de dix ans, cela représente un investissement de 1 000 $ à 3 000 $. Toutefois, un frêne mature en bonne santé augmente la valeur de votre propriété de plusieurs milliers de dollars, ce qui justifie souvent le traitement.

Pour que le traitement soit efficace, le frêne doit être en assez bonne santé pour distribuer le produit dans tout son système vasculaire. Un arbre dont plus de 30 % de la couronne est déjà morte ne pourra pas absorber le traitement adéquatement.

Quand l’abattage devient nécessaire

L’abattage est la seule option lorsque le dépérissement dépasse 30 % ou que l’arbre présente des signes de faiblesse structurale. Un frêne mort ou fortement infesté devient dangereux : le bois s’assèche, les branches cassent sans avertissement et le tronc peut devenir fragile en quelques mois.

N’attendez pas que l’arbre devienne un danger imminent. Un frêne mort depuis plus de deux ans est beaucoup plus difficile et coûteux à abattre parce que le bois sec est cassant et imprévisible. Les branches se brisent au lieu de se couper proprement, et le risque pour les élagueurs et votre propriété augmente considérablement.

Obligations réglementaires

À Montréal, les propriétaires ont l’obligation de gérer les frênes infestés sur leur terrain. Un permis d’abattage est requis même pour un frêne mort. Le bois de frêne ne peut pas être transporté hors de la zone réglementée sans traitement. Certains arrondissements offrent des subventions pour le traitement au TreeAzin ou pour l’abattage et le remplacement des frênes — renseignez-vous auprès de votre arrondissement.

Que vous choisissiez le traitement ou l’abattage, faites appel à un arboriculteur certifié qui connaît les obligations réglementaires et les meilleures pratiques pour gérer cette crise qui continue de transformer la forêt urbaine de Montréal.

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